Joker vs Superman

Régulièrement je me dis : “Je n’aime pas où la société nous amène”. En premier lieu l’importation de controverses. Elles ne sont pas les nôtres mais elles le deviennent en raison de groupes organisés qui réussissent à monopoliser l’espace publique ou par simple vide médiatique. Le meilleur exemple nous est venu de la France avec l’histoire des burkinis. Puis il y a la polarisation chez nos voisins du sud qui à l’image des classes social laisse un grand trou dans le centre. Plus moyen de se parler.

Luke Skywalker est mort à Noël et Batman sans Christopher Nolan n’est pas lui-même. C’est deux un coté noir et ils jonglent avec. De nos jours, il n’y a que le Joker et Superman. Le super vilain et le super héros des héros. Dans le débat public il n’y plus de bon qui flirt avec le mal ou vice versa. Selon qui est au pouvoir, ce dernier s’affaire à détruire ce que l’autre a fait aidé par une logique simpliste. Je réfléchis plus pour choisir la nourriture de mon chat que le polariseur en chef le fait pour parler de l’OTAN.

Le polariseur en chef est Superman pour ceux qui l’aime et le Joker pour ceux qui le déteste. En raison de l’admiration de ses supporteurs, les polariseurs vont toujours se voir en Superman. Peu importe ce qu’ils feront, ils se considèrent comme les bons et donc ils risquent de refaire les mêmes insanités. Ils vont persister et signer.

Je persiste et signe ne sonne pas très rassembleur. Cela fait 15 ans que ce blogue se nomme Je persiste et signe. À l’origine j’écrivais à chaque semaine, sans compter les bédés hebdomadaire et la centaine de pensées du jour. À ce rythme, j’avais régulièrement des textes où je prenais position mais depuis plusieurs années ce n’est plus le cas. Je laisse les Joker et les Superman s’obstiner et moi je regarde de loin saisissant quelques arguments ici et là qui me rendent encore plus Batman. Batman n’est pas toujours sur le même bord. Je flirt dans des zones inhabituelle. Parfois à gauche parfois à droite. Parfois injuste parfois bonasse.

Le « persistage » et le « signage » je le laisse aux polarisateurs de Twitter et de FB. Il est temps de changer le nom du blogue. Il y a plusieurs mois j’ai eu un flash. On niaisait dans mon bureau entre boys et j’ai dit cette phrase. “Pas de tuque, pas de mitaines” en faisant référence a quelqu’un qui prenait un risque. Après avoir été surpris de la pertinence de mon propos, je me suis dit “Cela ferait un bon nom de blogue”. J’achetais le domaine quelques jours plus tard.

Un enfant qui ne sort pas de tuques, pas de mitaines est inconscient. Il ne réalise pas qu’il va tomber malade, que ses parents vont devoir l’amener chez le médecin, attendre des heures, lui faire prendre des médicaments, etc.

L’adulte lui est conscient que si lui sort pas de tuque, pas de mitaines il y a des conséquences potentielles. Il a évaluer les risques. Il sait que sortir pas de tuque pas de mitaines pour aller déneiger la voiture n’est pas si dramatique mais pour aller faire du ski de fond c’est un peu cave.

C’est le fun d’être sans tuque et sans mitaines. Principalement au sens figuré. Réfléchir, oser, et agir. Enlevé sa protection juste pour voir. Le classique “sortir de sa zone de confort”.

Cela prend tout de même un plan qui laisse place à l’improvisation. Pas se fier juste sur sa force comme Superman le fait ou se foutre de tout comme le Joker. Batman n’a pas de super pouvoir et il n’est pas téflon non plus. Il est un héros pas de tuque, pas de mitaines.

Je pense que pour rendre des histoires intéressantes tu te dois de sortir sans tuque et sans mitaines. Réfléchir, osez et écrire. Je suis Batman depuis plusieurs années. Bon OK un Batman pas de lecteurs mais cela fait de moi encore plus un Batman.

Je persiste et signe est mort. Place à Pas d’tuque, pas d’mitaines.