Contorsionniste

Je débarque à Zaghreb en Croatie. C’est la capitale. On me disait: “Il n’y a rien à voir là”, “Reste pas là”, “Précipite toi à Dubrovnik”. Un instant les amis. Tout les endroits ont des choses à découvrir. Je ne pense pas qu’il y ait une destination sans intéret. À part peut-être Jacola un arrondissement de Sullivan qui lui même en est un de Val-d’Or. À Val-d’Or il y a Bourlamaque, Lemoyne, Quartier des L, Lac Blouin et j’en passe. Il semble bien que nous aimons ramener nos espaces de vie au plus petit dénominateur commun. Peu importe la grandeur de la ville. New York ou Sullivan même combat.

Quand je voyage, mon intéret est de voir des gens, observer et échanger si nous avons une langue en commun. Je veux juste être entouré d’une culture différente et que chacun de mes pas foule un endroit nouveau. Que chaque tournant me présente un paysage inédit pour moi. Cela peut être une montagne, un lac bleu ciel ou du béton gris. Cela ne me dérange pas.

Entre l’option de m’assoir sur la plage afin de regarder l’océan bleuté avec son soleil dorée et celle de tourner le dos à ce paysage pour voir de vieux édifice longer une rue grisâtre qui fourmille de gens qui mettent en œuvre leur quotidien, je préfère la 2eme option. L’un n’empêche pas l’autre mais je ne vais pas passer mon séjour sur la route à paqueter et dépaqueter sans arrêt pour voir toutes les îles. On y va relax et évalue sur place.

Tout juste sorti de l’aéroport et de ma boîte de sardines volantes, j’analyse mes options pour me rendre à l’hôtel. Je suis courbaturé, j’ai mal dans le dos et y fait chaud en crime. Évidemment j’opte pour l’option la plus compliqué. Le bus au lieu du taxi. Soudainement je suis cheap ou quoi?

Je range ma valise dans la soute et je monte à bord. Je choisis un siège. Tout les sièges ont clairement été conçu pour la personne que j’étais en 1986. Pas la version 2018 de moi-même. J’essaye de placer mes deux sacs sur la tablette en haut du banc. Mon sac à dos est trop gros. Ce n’est pas une tablette c’est une crac! Je ne peux que y déposer mon sac à appareil photo. Je déteste ce sac. Je le hais. Pas de la haine cute comme j’ai dis à Duc et Master Crane. De la vrai haine profonde. L’acquisition de ce sac est le résultat d’un troc avec une tablette Blackberry. J’pense que je me suis fait avoir. Je suis sûrement le seul terrien à perdre au change en se débarrassant d’un produit Blackberry.

J’enlace mon sac à dos dans mes bras. C’est le seul moyen pour que j’entre là avec mes affaires. Je suis “jammé du chest” avec mon sac. Mes jambes sont en diagolales car ça ne passe pas fuck all et malgré cela j’ai les genoux accoté sur les banc d’en avant. J’occupe un banc et un tiers. Je suis tout coincé avec la poigné de mon sac dans la face.

Si le bus ne se remplis pas je vais pouvoir déposer mes choses sur le banc voisin. Je prie pour que ce soit le cas. Je suis dans les premiers à bord. Le temps passe. Il y a encore des bancs de libres. En ce qui concerne l’arrière du bus, je n’ai aucune idée s’il reste de la place car je suis incapable de me retourner. Si j’étais un citron, je serais vidé de mon jus.

Les gens arrivent au compte gouttes. Je trouve qu’il commence à avoir pas mal de gouttes qui arrivent. De moins en moins de places sont libres. Les gens ont pitié de moi et laisse le ⅔ de banc qui est à coté de moi vide. Mon voeux va peut-être se réaliser. Je cris silencieusement au chauffeur “Ferme la porte et on décalisse”. Il n’entend rien et attend, attend, attend. Il a comme mission de me faire chier et de remplir le bus au maximum. Tu as été formé par les cie aérienne chose?

Voilà! C’est fait. Un mec est contraint à prendre le restant de banc à côté moi. Je le regarde piteux. Il évite mon regard et se colle sur moi sans trop se collé. On pars…Ha oui en passant je ne sais pas trop exactement où le bus va…Bravo champion. Un “Living on the edge” combiné à un “Sitting on the edge”. “♬ Somethings wrong in my head today ♬ Don’t know what it is »

Photo par Capsicina sur Flickr