Vino

Photo: Buenos Aires 2005

Bière , beer, cerveza il y a longtemps que je sais les déclinaisons courante pour commander le liquide doré. Tous les ados détestent quand ils le goûtent pour la première fois mais ils persistent et signe. Si j’avais été aussi persistant avec les tomates je serais maintenant accroc au BLT.

Je ne me suis jamais posé la question sur l’appellation d’une bière en espagnol. Il doit bien avoir eu quelqu’un, par volonté de coolness, qui a utilisé le terme dans ma jeunesse avant même que je sois en âge d’en boire. La mention a été imprégné dans ma mémoire. Une autre expression utilisé au Québec pour avoir l’air cool est le terme “vino tinto”. Ok pour “vino” mais “tinto” ? Excuse mais là tu vas trop loin. Retourne à Punta Cana si tu veux l’utiliser.

Je me suis trouvé une table sur la terrasse du terminus. Je veux profiter de ma pause pour décider si je me rend à l’hôtel à pied ou en taxi. Mais qu’est-ce que j’ai contre les taxis aujourd’hui?

Comment dire « bière » en croate? Je suis assis près de 4 hippies. J’ai toujours eu un faible pour les hippies mais ceux là?….mmmm non! Je dois être plus attiré par les hippies caviar que les hippies creepy. Dans ce groupe, il y a un couple de français et un autre de je ne sais pas trop où. La française, la moins creepy des trois, à tellement l’air heureuse d’avoir des nouveaux amis. Son visage parle en riant. Son compagnon à l’air plutôt blasé de la situation. Il se la joue cool.

Ces quatres personnes ainsi que tous les backpackers qui défilent devant moi font tous un “vino tinto” d’eux même. Ils se voient cool mais quand tu es comme 100 dans le même le coin ta coolness en prends un coup. Tu as plutôt l’air de faire parti d’un voyage organisé. Je crois que c’est finit la coolness du backpacker. En particulier les voyageurs des pays du G20 qui quêtent dans des pays où le salaire annuel moyen est moins élevé que le prix du billet d’avion qu’ils ont acheté pour s’y rendre.

Il n’y a pas si longtemps, j’étais prêt à me “vino tinto-i-sé” de façon permanente. Je voulais me faire tatouer un backpacker. Dieu merci le côté permanent de la chose m’a rebuté. Je suis vierge de tatoo et je vais le rester. Un jour cette décision fera de moi un “vino” sans le “tinto”. Comme une carte de hockey sans altération, je vais valoir plus cher. Je serais un rhum brun de 55 ans.

Pour l’instant je suis loin de la coolness. J’ai une valise grosse comme une contrebasse. Un sac à dos gros comme un sac à dos pas assumé. Il contient un autre sac spécialisé pour mon appareil de sommeil. J’ai ma sacoche qui est en permanence autour de mon coup en raison de la valeur de son contenu et j’ai ce maudit sac à appareil photo. Je ne suis pas vino et pas tinto. Je dirais que je penche vers le “el clowno”.

Ha….ma précieuse sacoche. Acheté chez Gap en 2005, elle me suit partout. Sans elle j’aurais à plusieurs reprise perdu passeport, cartes d’embarquement, argent, carte de crédit, ipod et cellulaire. Cette sacoche est d’une efficacité incroyable et je la gère de main de maître . Dès que je quitte ma chambre d’hôtel elle est en bandoulière sur moi et en aucun cas je l’enlève. Même dans l’avion je ne l’enlève pas. Elle est greffée à moi

J’observe le menu. Dans la longue liste de mots que je ne comprends pas je remarque “Stella Artois”. Voilà j’ai trouvé la section bière. Le serveur vient me voir. Je suis seul sur une table pour 4 mais j’ai tellement de bagage que cela donne l’impression que nous sommes 8. Je pointe la première bière de la liste. “À goûte drôle”

J’évalue mes options bien assis à ma table. La marche est possible. C’est là que ma raison intervient. “Vraiment? Vraiment Eltobito. Tu vas traîner tout tes trucs, sous un soleil de plomb, avec un dos qui souffre et la fatigue du voyage.Tu ne connais pas le chemin, tu vas sûrement marcher plus qu’il ne le faut. Come on Eltobito! “ J’écoute ma raison. Je vais payer mon verre et prendre un des taxis stationnés au loin.

Le serveur arrive avec la facture. J’ai pris des devises croate dans un bureau de change sur la rue Peel à Montréal. Le problème dans ce genre de bureau de change c’est que souvent ils te donnent de grosses coupures. Tu ne sais pas si tu as des grosses, très grosses ou très, très grosses coupures au point de rester pris avec. Tout dépend du contexte du pays dans lequel tu te trouve. Je l’ai vécu souvent aux Amériques.

J’ouvre ma super sacoche. J’accède à la poche pseudo-secrète qui sert au stockage d’argent comptant et au passeport. Je sors un billet de 100 kunas. J’ai de plus petites devises mais je veux tester sa réaction face à un billet de 100. Vais-je avoir un visage de “Es-tu malade” ou un “Attends je reviens” ou un “Zéro hésitation”. Le gars a zéro hésitation et me donne mon change. Je prends le change reçu et le stock dans la poche principale de ma sacoche. C’est là que se trouve les choses que je dois accéder régulièrement. Je gère vraiment cette sacoche comme un champion. Regardez-moi la manipuler….je suis vraiment cool!