Dose

Est-ce que 3 textes ayant au total plus de 2000 mots pour raconter ma première heure à Zagreb est trop? À ce rythme je vais en avoir pour une éternité. Il y a moins d’avancement que dans 10 épisodes de The Walking Dead. Va-t-elle finir par accoucher la brunette? Je sais que ce n’est pas dans le bonne pratique mais la voie que je privilégie est « ça prendra la longueur que cela prendra. » Je me laisse me surprendre.

En fait, je me laisse me surprendre dans pleins de projets amateurs que j’initie. Je ne suis sûr de rien. Je me place en mode R & D en me disant que je veux juste voir où cela va m’apporter. Que cela soit en écrivant ou en audiovidéo. Souvent, il en ressort quelque chose qui me satisfait. Quelque chose de brut mais que je crois intéressant à présenter malgré l’amateurisme évident où les coquilles que malheureusement je ne vois pas avant la publication. Je ne peux laisser cela m’arrêter.

Comme une tautologie de bas étage, je me surprend à me surprendre autant. Pour ce blogue le résultat final m’est souvent totalement inconnu et à la fin je me dis “Ha ouin, je suis allé là?!”. C’est le 4eme texte dont le titre de départ est Zagreb et aucun des 3 publiés ne parle encore de la ville précisément et a hérité de ce titre au final. En aucun cas je pensais délirer sur mon trajet de bus, de ma sacoche ou du frottement de cuisse avec un inconnu.

Les gens me parlent de mésaventures, si au moins c’était cela. Ces textes là sont facile à faire. Mais que faire s’il y en a pas ou si tu as déjà écrit sous le même thème. Plus j’en fait, plus je dois trouver un moyen de rester authentique et de faire voyager les gens sans me répéter. Je suis remplis d’incertitudes durant le processus. Je passe par des “c’est poche” à “c’est ok”, “c’est pas pire”, “c’est poche x2”, “j’aime ça”, “c’est mauvais”, “j’annule tout », « oh que oui” et pour finalement me dire : “Envoye publie maintenant.”

J’ai peur de me répéter. C’est la 2eme fois que je l’écris dans ce texte. Tout à coup que j’ai abordé une situation de la même façon dans un texte d’il y a 3-4 ans. Des fois je ne sais pas si la tournure du texte je l’ai déjà dit ou juste pensé ou vraiment écrit. J’ai peur d’être prévisible. J’anticipe que je ne pourrais pas toujours trouver un angle intéressant pour un simple “J’ai pris l’avion à Mtl, je suis arrivé au pays, j’ai visité des trucs historiques.” Le fait de voyager seul donne moins d’occasions à des mésaventures justement. Parfois je n’ai rien noté. Je fais quoi avec ce rien?

J’ai peur d’avoir l’air de me prendre pour un autre avec mes histoires et je me demande pourquoi je fais cela. Comme là exactement en ce moment. Pourquoi je fais ça? Ça donne quoi? Je suis seul dans une chambre d’hôtel à pitonner sur un Ipad. J’ai 47 ans. Je ne parle pas à personne en raison de la barrière linguistique serbo-croate et encore là rien ne prouve que je le ferais. Je suis trop dans ma tête et je me donne toute cette pression vraiment pour rien. Tout cela ne sert à rien et me fait perdre le moment présent parfois.

Cela à l’air noir dit comme cela mais j’ai la mémoire courte. Il y a quelques mois j’étais assis dans mon divan et je venais de terminer un 12 heure de montage d’une parodie d’Astérix pour mes amis de Val-d’Or. Personne ne m’avaient rien demandé de faire cela, J’étais en déficit de sommeil. À ce moment, J’ai compris pourquoi je faisais cela. J’ai compris pourquoi le lendemain d’une autre parodie faites quelques semaines avant je flottais sur un nuage en allant au bureau.

Je fais cela parce que je suis en manque. Raconter est devenu ma caféïne. Mon endorphine. J’ai une dépendance. Je me suis déjà levé en pleine nuit pour faire une petite vidéo avec des souris jouet. Dès que l’idée est là, je dois savoir ce que cela va donner. Une fois terminé je me calme. Les heures passent et je peux repartir dans un mood décrits plus haut. C’est selon le taux d’engament. L’an passé je n’ai pas finit la job et je me hais pour ça. Heureusement j’ai encore mes notes.

Quand je suis en manque de raconter une histoire, dans le cas d’un texte je vois cela comme une forêt très dense à traverser. Au bout de cette forêt il y a un long mur et une porte s’y trouve à quelque part. Je dois la franchir pour avoir ma dose.

Parfois je regarde la forêt et je vois clairement le sentier pour me rendre à la porte. Je peux soit y arriver directement où avoir un parcours légèrement sinueux. Il est caché pour bien des gens mais moi je le vois très bien ce sentier. J’essaie d’intéresser quelques lecteurs. Ils sont nécessaires pour que j’apprécie ma dose.

Suivez moi. Je suis en manque de raconter et je sais où se cache ma dose au bout de la forêt.

– On vois rien

Laissez faire, ne cherchez pas. Vous n’avez qu’a me suivre.

– Oui mais ya rien

Vous allez voir.

Un “walk in the park”. Petite dose qui fait la job. Je sais que mon lecteur m’a suivit ou qu’il l’aurait fait s’il avait su que je lui proposais une promenade en forêt.

Mais LA dose sublime est celle du chemin inconnu. Cette dose qui m’attend mais que je ne vois pas le sentier pour m’y rendre. Elle a une saveur indescriptible. Je m’enfonce dans la forêt sans voir plus loin que mon nez. Je marche dans le bois et j’essaie de voir des ouvertures. Le terrain n’est pas régulier. Je cherche des pattern. Je laisse des traces pour ne pas me perdre. Je doute du résultat mais comme j’ai mis le pied dans la forêt je veux voir où cela mènera. Ma récompense peut-être enivrante.

Pour bien circuler, je dois regarder par en haut, en bas et en avant sans me péter la gueule. Aucun chemin se dessine. J’arrive au mur. La porte qui me donne accès à ma dose n’est pas là. Je retourne sur mes pas et je cherche d’autres voies. C’est là que je vois l’éclaircie au loin. Je la montre au lecteur

Check man!

– Quoi?

La forêt est différente.

– Euh non. C’est vert et brun, on reçoit des branches dans la visage à chaque pas et la dose semble hors de portée. Tu me fais perdre mon temps.

Nenon check. Tout est là. Tu te rappelle on a fait ça, ça et ça. La forêt à changé. Tout est clair maintenant. On va LÀ, on passe par LÀ et ont utilise ÇA

– Ça? T’es malade!

Oui, allez suis moi. Cours! Vite, vite.

– Je comprends rien

On pars. Je me précipite vers la porte en empruntant le chemin que je viens de découvrir et que jamais j’aurais pu expliquer quelque minutes auparavant. Ma dose d’adrénaline m’attends. Je suis en sprint. Je passe la porte. PUBLISH! J’ai ma dose. Elle est puissante. La tension baisse. Je relaxe. C’est fut long et bon.

Qu’en dis-tu lecteur? Je te l’avais dit. Lecteur? Lecteur?

Je l’ai perdu criss. Me suis laissé emporter. Je ne peux pas prendre ma dose tout seul car elle laisse un goût amer et brise le fun. Cela ramène les questionnements poche et ont comme réponse un sens que je ne veux pas. Maudit FB, maudit algorithme, maudit lecteurs qui ont autre choses à faire dans la vie? Ils ne focus pas sur les bonnes affaires, etc. Pourquoi je fais cela? J’écris dans le vide. Ça donne quoi? Ha oui j’oubliais, la dose. J’en prendrais bien une autre. Justement je dois parler de Zagreb. Mmmmm, Il faut que je retrouve le lecteur.

Une réflexion sur “Dose

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