Dioclétien

J’arrive dans la région de Split. On m’offre de venir me chercher à la gare de train. J’accepte. Vive la simplicité. Je ne me souviens pas trop où je suis situé dans la ville. En banlieue? Au centre? Me souviens plus. Je sais que mon logement est une chambre dans un bloc appartement.

J’arrive finalement à la gare de train de Split…en bus. Dès ma sortie du bus je remarque la différence avec Zagreb. Je suis dans un endroit super touristique. Je reçois un appel du gars qui doit venir me chercher. Je ne savais même pas que mon numéro de cellulaire Croate pouvait recevoir des appels. Je croyais avoir accès qu’aux données et textos. J’indique au gars ma position exacte. Je m’attends à un bonhomme mais c’est un jeunot qui se présente à moi.

Il m’invite à le suivre. J’assume que nous nous dirigeons vers sa voiture. La gare de train et la station d’autobus sont situées cote à cote. De l’autre côté de la rue il y a le port. Il y a plein de touristes qui circulent. Je traine ma valise et toute mes choses. Je dois faire des zigzags et les gens ne sont pas super collaboratif.

Le gars me fait la conversation mais c’est difficile d’ingérer les informations qu’il me donne. Il y a trop de chaos. Ma valise frappe les gens qui ne font pas l’effort de se tasser de quelques centimètres, le soleil tape et je commence a trouvé que sa voiture est stationnée loin.

Le gars arrête devant une maquette de la ville semblable à ce que j’ai vu à Zagreb. La maquette est faite d’un métal que je soupçonne être du bronze. Pas sûr. J’ai beau être abitibien, ça ne fait pas de moi un spécialiste du métal. Par contre je sais différencier un sapin, d’un pin ou d’une épinette et je préfère me baigner dans un lac que dans une piscine.

Le gars me parle du fameux palais Dioclétien de Split en me le pointant sur la maquette. Je comprends que nous sommes en face et je ne comprends pas pourquoi il ne me l’a pas tout simplement pointé devant nous au lien de me le pointer sur la maquette.

Quand j’avais lu qu’il y avait un palais datant de l’an 300….je répète, l’an 300, je m’étais imaginé un palais du genre celui que l’on voit dans Astérix et Cléopâtre. Un palais avec de grandes marches pour y accéder et des centaines de pièces où si tu cries ton nom très fort ton écho résonne pendant mille années.

J’apprendrais que j’étais dans le champ totalement. C’est plutôt une mini ville fortifier qui abrite des commerces, des lieux de cultes, et des résidences. Le gars me dit que ma chambre est dans le palais. Je ne porte pas trop attention à ce qu’il me dit assumant que j’ai mal compris. Je veux juste arriver à sa maudite voiture pour ensuite me rendre à mon hébergement. Il termine son explication de la maquette dont je me sacre comme l’an quarante et nous repartons. Nous entrons dans le palais. Je ne sais pas encore que c’est le palais. Je suis encore dans mon impression que le palais est un édifice bien défini ou nous ferons surement la file pour y entrer.

Le palais est un labyrinthe de rues moins larges que les corridors de la polyvalente le Carrefour. Nous sommes dans l’heure de pointe des touristes. Ils sortent de partout, prennent toute la largeur des mini rues au lien de marcher à la file. Ils se foutent de t’accrocher les épaules, sacs ou valise. Sans oublier leur multiple arrêt soudain pour prendre des photos du truc comique qu’ils viennent de voir. Ils bloquent ainsi la circulation.

Je me faufile dans tout ce brouhaha de peine et misère. Tourne à gauche, droite, gauche, gauche. Je ne porte pas attention au trajet. Je me concentre de ne pas perdre de vu mon guide. Coudonc il est où son char?

Après de nombreux tournant, nous arrivons devant une terrasse. En fait c’est deux terrasses une à côté de l’autre. J’ai l’impression d’être dans la cour de quelqu’un et de déranger la visite. Le gars me pointe l’escalier au fond. « Ta chambre est là ». Quoi? Ok il n’y a pas de chars !!! Nous étions à pied. Je suis dans le palais, il n’y a pas d’écho, pas de Cléopâtre mais 1 millions de tournants auxquels je n’ai porté aucunement attention. Je suis fait! Je ne pourrais jamais quitter ma chambre. Si je la quitte je ne serais jamais en mesure de la retrouver.